Faites votre budget 2027 !

- Ecrit par

 Faites votre budget 2027 !

Les semaines politiques qui viennent seront pénibles avec les éternels débats sur le budget à établir, et surtout à voter. Nous allons assister à l’affrontement de projets, plans et solutions, sans jamais parler de leurs coûts, pour s’adapter, atténuer ou réduire les effets d’un changement annoncé depuis des décennies. Il nous faut donc trouver les chantiers qui s’imposent, indépendamment des inclinaisons de l’un ou de l’autre, avant la présidentielle.

 

1 – Lutter contre les variations climatiques : X milliards

Le climat de la France n’est plus tempéré, ce dérèglement va durer, sauf s’il empire. Assez vite, on n’entendra plus les climatosceptiques. Les adeptes de la décroissance, dans une France à -0,1% et dans une zone euro à -0,2% au premier trimestre, doivent aller aux USA et en Chine pour les convaincre de moins dépendre du pétrole pour les premiers, du charbon pour la seconde. Aucune critique sur les vents du Sahara. Il ne sert à rien de faire de Macron la source de nos maux. Dommage, car c’est pratique. Il faudra donc financer des volets aux maternelles, collèges et lycées, autant air-conditionner que possible. Il faudra payer. Il faudra aussi permettre des volets aux édifices haussmanniens et peindre en blanc les toits, tant pis pour leur gris si photogénique. Bien sûr, il ne sera pas possible d’avoir partout des déductions fiscales : hôpitaux et enfants d’abord.

 

2 – S’adapter aux lois économico-démographiques : Y milliards

La population française baisse : moins de jeunes, plus de vieux. 65,9 millions d’habitants en 2070 contre 69 aujourd’hui, avec 22% au-dessus de 65 ans aujourd’hui, 25% en 2040, 30% en 2070. La population française qui vient, comme en Europe, sera moins nombreuse et plus âgée. Moins nombreuse, ceci annonce une croissance plus faible, sauf si l’âge de départ en retraite est repoussé et si des moyens sont prévus pour améliorer le vieillissement de tous. Il ne s’agit pas de soins palliatifs, mais de trouver une nouvelle productivité, avec de nouvelles activités, où l’expérience sera plus valorisée que la rapidité.

 

3 – S’armer comme il le faudra : Z milliards

Les dividendes de la paix ont disparu, il faut se préparer à ceux de la guerre en favorisant les investissements duaux, pour la paix et la guerre. Le temps est celui des réseaux plus équilibrés et interdépendants de communication, d’Internet, rail ou routes, d’énergies, de productions et de villes. Attention aux hubs, vivent les combinaisons entre Européens. Quant à l’armée, place aux nouvelles forces : porte-avions ou tanks contre brigades de dronistes et de fabricants de fake news.

 

4 – Répondre à la révolution de l’IA : W milliards

L’Intelligence dite Artificielle est la base de la révolution en cours, entre sciences physiques pour les puces et mathématiques pour les logiciels. La voilà partout, pour produire et gérer des machines, pour piloter nos entreprises et nos vies. Comme toujours, elle fait peur et inquiète sur l’emploi, mais le vrai risque est celui de la formation aux nouvelles applications, en retard, et des savoirs mathématiques, obligatoirement de plus en plus élevés, quand on voit la baisse du niveau. C’est bien de se féliciter des prix Nobel en économie, ou de leur équivalent en informatique, mais ils célèbrent des avancées qui, par construction, ont dix ans d’âge. Il faut donc investir dans le futur : les élites n’apparaissent que parce que le niveau général monte. S’inquiéter des inégalités est prendre le problème à l’envers.

 

5 – Cesser d’aider les empires : V milliards

Acheter des automobiles chinoises ou louer des logiciels américains, c’est transférer notre épargne, tragiquement insuffisante. Acceptons les e-euros et formons-nous, changeons nos comportements, avec plus de retraite par capitalisation.

 

6 – Tout faire pour continuer : X + Y + Z + W + V inférieur à… combien de milliards ?

On ne cesse de parler du mur de la dette, sans trop remarquer que les non-résidents français en détiennent 56%. Jusqu’à quand ? Toutes les crises financières sont graduelles, marquées par une désaffection croissante. On doit alors remarquer que la dette la plus courte, pour 220 milliards, moins de 8% du tout, est à 130 jours, contre plus de 9 ans pour le reste. Ceci peut rasséréner, sauf qu’elle est à 93% en mains étrangères. Un mur se fend en son point le plus fragile, sans prévenir. Pour éviter la crise, ce sera face au budget qui vient que les épargnants (et les agences de rating) regarderont les politiques. Le savent-ils ?