Comment voter en 2026 et 2027 ?

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 Comment voter en 2026 et 2027 ?

C’est la question, mais pas facile d’y répondre : des milliers de joutes s’approchent. Elles se dérouleront depuis les municipales de 2026 — le dimanche 15, puis le dimanche 22 mars 2026 — suivies des sénatoriales, avant la présidentielle de 2027, dans 400 jours environ. Ce sera soit le 11 ou le 18 avril au premier tour, puis soit le 25 avril ou le 2 mai au second. Tout le monde politique y pense en préparant ses programmes et en se demandant ce qu’il y aura dans les têtes des électeurs (nous) et des candidats, avoués ou putatifs, plus dans le monde.

Deux approches générales se présentent : fonction de la superficie mise en jeu par le vote et de l’horizon de temps retenu. Fonction de la superficie : il s’agira de dire (plutôt à droite) que les municipales sont locales, la présidentielle nationale, de façon à réduire les liens entre les deux, évitant ainsi de faire des premières un signal pour la seconde. Fonction du temps envisagé ensuite : selon la durée des prévisions, depuis celle du mandat légal jusqu’aux décennies de l’écologie, de façon à moduler la complexité des problèmes. Ce que vont chercher certains, et fuir d’autres, c’est le comportement stratégique des électeurs face à des choix liés, ou non, qui engagent le futur lointain, ou non.

Au moment du vote, la logique traditionnelle est qu’au premier tour on choisit, au deuxième on élimine. Mais, même selon cette approche, on n’évitera pas, à l’échelon local, des comportements stratégiques pour peser sur les formations des listes, puis sur leurs regroupements le soir du dépouillement. C’est déjà le cas, on le voit, pour les « zones à faible émission » (ZFE), avec l’idée de reporter la décision après les municipales. Pas courageux, ou politique, mais qui renforce le comportement stratégique des électeurs, puisqu’il fait monter les enchères au coup qui suit.

De proche en proche, si chacun réfléchit en stratège, tout se lie. Les ZFE locales dessinent un paysage municipal qui devient présidentiel. La courbe Paris-Lyon-Marseille mène à l’Élysée. C’est aussi ce que prépare le Parlement, pour faire voter le budget, avec plus d’impôt et de déficit : ce sera en 2027 que « le peuple » choisira… pour couper dans les dépenses.  Avec cette logique, les atermoiements locaux forcent aux nationaux, sachant qu’au deuxième tour de la présidentielle, il n’y a que deux places, avec plus de problèmes !

La stratégie est un exercice de projections d’hypothèses à partir d’autres hypothèses sur la bipolarisation en cours, avec le Rassemblement National à environ 35% et La France Insoumise à 10% — et un vaste inconnu au milieu. Mais, comme la présidentielle est « la rencontre entre un homme et un peuple », pour citer Charles De Gaulle, il faudra bien que nombre de prétendants s’éloignent de leurs partis et de leurs programmes, depuis ceux qui se disent « contents » d’eux dans les sondages, pour convaincre les « mécontents ».

Pour mener campagne, quatre groupes d’actions vont alors apparaître :

  • aller vers un centre droit, puis l’élargir à gauche, pour les deux qui ont déjà le plus de préférés, très à droite.  Pas de secret : environ 35% des sondés ont déjà une image très positive ou positive de Bardella ou de Marine Le Pen ;
  • faire beaucoup d’efforts à gauche pour les trois « modérément appréciés » à droite par 21% des sondés en janvier 2026. On y retrouve Darmanin, Attal, Philippe ou Retailleau ;
  • mêmes efforts, mais symétriques, pour les trois « modérément appréciés » à gauche par 17% des sondés, avec Hollande, Glucksmann et Ruffin, en attendant Guedj ;
  • et enfin le « polarisateur » très à gauche, Jean-Luc Mélenchon avec 14% de préférence, qui attendra les désunions de tous les autres.

Ces regroupements ne sont pas l’effet du hasard, mais sculptés par les sondages et les médias qui, de mois en mois, les font se consolider. Ils sont le complémentaire à 100% des opinions. Si 35% des sondés préfèrent Bardella (en supposant qu’il se présente), c’est donc que 65% en ont une image négative ou très négative. Pour les deux groupes des « modérément appréciés » à droite ou à gauche, c’est dire aussi qu’ils ne sont pas appréciés par 80% de l’ensemble, et c’est là que tous iront piocher, les « mélenchonistes » le resteront jusqu’à la fin (attendant les consignes).

On imagine donc les mouvements futurs, faibles à partir des deux bords, très intenses au centre pour y obtenir un seul leader pour la présidentielle … et les législatives qui suivront… Stratégie, avez-vous dit ?