A quoi s’attendre en 2020 sur le front de la macro-économie ?

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L'année 2019 a connu son lot de renversements avec Donald Trump. Le président américain a joué aux roulettes russes au sein de son pays mais aussi à l'étranger. Que réserve la macro-économie en 2020 ?

A quoi s’attendre en 2020 sur le front de la macro-économie ?

2019 nous a donné une leçon éclatante : la politique américaine, alias Donald Trump, mène la danse mondiale, surprises comprises. Commençons donc les prévisions pour 2020 par ce qui est sûr et américain, sachant qu’il est sûr que ce qui est américain n’est pas sûr !

Sûr : le 3 novembre 2020, ce sera la date de l’élection américaine. C’est elle qui va aimanter en bonne part ce qui va se passer dans les mois qui viennent. La recherche du candidat Démocrate continue. C’est une épreuve d’endurance où ils ne sont plus que 7, après un début à 25. Mais quatre se détachent : Joe Biden (77ans), Bernie Sanders (78 ans), Elisabeth Warren (70 ans) et Pete Buttigieg (37 ans), en attendant Michael Bloomberg (77 ans et 55 milliards de dollars). Avant cette date finale, il y aura une série de moments cruciaux : le candidat Démocrate doit avoir la majorité des 2 000 délégués, mais à la suite d’une série de votes. Le premier sera l’Iowa le 3 février avec 41 délégués en jeu, qui pourrait donner le la, puis viendront le 11 le New Hampshire (24 délégués) et le 22 au Nevada (6 délégués), en attendant le grand jour : le « super Tuesday » du 3 mars, avec 853 délégués dans la balance.

Mais il n’est pas sûr que la leçon de l’élection surprise de Donald Trump de 2016 a été retenue : les États tangents avaient fait et feront la différence. Hillary Clinton avait certes été élue au « vote populaire » (avec 2,8 millions de voix de plus), mais le système des « grands électeurs » avait joué en faveur de Donald Trump. Il avait bien manœuvré en fonction du nombre de « grands électeurs » (il a eu 304 voix sur 538), pas de celui des électeurs directs. Il faudrait donc que les Démocrates gagnent dans les États les plus tangents entre les deux sensibilités, autrement dit relativement  les plus à droite. Ceci peut être un problème quand on voit les candidats actuellement bien vus des électeurs Démocrates (Bernie Sanders et Elisabeth Warren), avec des programmes très à gauche (hausse des impôts, même si c’est « pour les riches »), sans compter la position embarrassée qui est la leur à la suite des événements d’Irak et d’Iran. Donc, la leçon de l’élection surprise de Donald Trump a-t-elle été retenue : celle de la force et du libéralisme ? Pas vraiment. Donc, pour les marchés financiers, Trump sera réélu !

Sûr : chaque mois, les dirigeants de la Banque centrale américaine et de la Banque centrale européenne se réunissent pour échanger sur la situation économique de chacun et leur politique de taux d’intérêt. Sûr aussi : ils se sont engagés à ne pas les modifier en attendant plus d’inflation, soit à la hausse aux États-Unis, si l’inflation y surgit, soit à la baisse en zone euro, si la croissance s’y affaisse. Mais il n’est pas sûr que ces deux politiques monétaires, qui épousent en réalité la « logique électorale américaine » telle que Donald Trump l’a gère, vont changer. Parions donc pour une continuation, continuellement commentée. Nous verrons ensuite.

Sûr : 15 et 22 mars, ce seront les élections municipales françaises. Les tensions vont partout monter, les groupes politiques se battre entre eux et se déchirer en leurs seins. Assez sûr : la question sera de savoir comment ces querelles de familles locales pourront relancer les oppositions actuelles, « jaunes » et « retraites », face à Emmanuel Macron qui reste le meilleur ennemi commun.

Sûr : du 10 au 12 juin, le G7 aux États-Unis, avec Donald Trump qui présidera, avec certainement Justin Trudeau (Canada), Shinzo Abe (Japon) Emmanuel Macron et Boris Johnson (Royaume-Uni), sans doute Angela Merkel (Allemagne), peut-être Giuseppe Conte (Italie), plus (sûrement) Ursula von der Leyden (Présidente de la Commission européenne) et Charles Michel (Président du Conseil européen). Pas encore sûr, le lieu : Camp David ? Ce serait plus… sûr et moins cher ! Sûr… si : si l’hôte est poli et désireux du succès, tout devrait bien se passer, sauf si les questions pesant sur le multilatéralisme, la Chine, l’OMC, le climat, l’Otan ou autre, par exemple l’Iran, le départent de son flegme bien connu.

Sûr : les bourses « veulent » encore monter. Le Dow Jones adorerait atteindre 30 000, contre 28 600 aujourd’hui, le Cac 40 8 000 contre 6 000 : la magie des chiffres ronds ! Ce n’est pas impossible, si tout se poursuit comme se profilait en ce tout début d’année, où tout le monde aspirait à plus de calme et de certitudes, après des mois de psychodrames, avant les raids américains. La fameuse « pente des taux » américaine, où les taux longs (1,9%) dépassent enfin les taux courts (1,5 – 1,75%) montre que demain serait meilleur, avec plus de croissance (et d’inflation). Mais en zone euro, où la croissance est à 1%, comme l’inflation, avec -0,1% pour les taux à long terme des pays AAA (et 0,1% pour la France), on continue à broyer du noir, en broyant les épargnants. C’est donc instable, en espérant que les choses s’amélioreront, mais en étant prêts à baiser partout les taux d’intérêt, si tel n’est pas le cas. Ce que l’on sait, c’est que la bourse reste toujours sensible aux profits futurs, donc à la croissance – qui devrait tenir et aux taux bas – qui vont le rester. Les tensions actuelles avec l’Iran vont entrer dans le radar, pour le noircir.

Bref, les Républicains américains, Xi, Poutine, Erdogan, Johnson, les Présidents de Hongrie et de Pologne… veulent que tout se calme en 2020 pour que Trump soit réélu et que tout aille alors mieux partout. Après les saccades de 2019, Donald allait donc se mettre au slow, jusqu’à ce qu’il change le disque ! Pour être réélu ?


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